Menez-vous une double-vie?

Récemment il y a eu un lot de révélations qui ont fait scandale, d'abord dans le monde séculier où le mouvement #metoo a dénoncé une culture du viol qui était assis malheureusement, confortablement dans toutes les sphères de notre société. On ne s'étonne plus que ces scandales surviennent dans le milieu artistique où ce genre de scénario est très courant (Harvey Weinstein, Bill Cosby, Éric Salvail, Gilbert Rozon et j'en passe…), mais aussi dans le monde politique avec les quatre années que nous a servies Donald J. Trump, qui faut-il le rappeler, est lui-même accusé de nombreuses agressions sexuelles, en plus de s'en être carrément vanté dans une entrevue accordée à un des membres de la famille Bush alors qu'il ne croyait pas la conversation enregistrée.

Mais les scandales n'arrêtent pas à cet endroit, ils ont aussi établi leur demeure dans le monde du christianisme. Vous penserez tout de suite aux nombreux scandales qui ne cessent d'éclater dans l'Église catholique. Mais je ne parle pas uniquement de l'Église catholique quand je mentionne le monde du christianisme. J'inclus tous les mouvements protestants et évangéliques. Le cas du célèbre apologiste Ravi Zacharias me vient de facto en tête étant l'exemple à la fois le plus récent et le plus frappant de ce fléau dégoûtant, à défaut d'avoir un mot plus fort.  

Et je me pose de sérieuses questions.

Qu'est-ce qui fait en sorte que l'on peut continuer de croire que l'on est au moins dans un monde authentique à défaut de ne pouvoir employer le mot sécuritaire? Comment peut-on réellement écouter une personne qui parle de sa foi et croire ce qu'elle nous dit?

Btw, je lance des questions sans pour autant vous promettre "the" réponse.

Mais il y en a une, à tout le moins, qui me vient en tête. C'est ce mot que je viens d'écrire trois phrases plus tôt : l'authenticité.

J'ai souvent cru que les seuls sermons qui avaient un réel impact sont ceux qui sont nés d'une expérience intime avec Dieu, expérience qui passe toujours par une extrême vulnérabilité. Une vulnérabilité qui prend naissance dans une profonde humilité et qui permet à Dieu d'opérer en étant Lui seul aux commandes.

Un sermon ou une présentation dépourvue de cette expérience ne sera pas authentique, même si le prédicateur maîtrise l'art oratoire. Si elle n'est pas authentique, elle n'a pas non plus de puissance. Hum hum… : de réelle puissance.

Pensez calories qui soutiennent et calories vides qui passent rapidement. Des mots qui dansent avec éloquence peuvent plaire à notre intellect. Mais il n'y a que l'authenticité qui trouve son chemin vers une connexion Divine et qui puisse parvenir à faire des mots pénétrer profondément en nous et faire tressaillir notre âme.

Jésus était authentique. Avec Lui :"What you see is what you get."

Je peux me poser la question suivante : quand je parle, et encore plus important quand je parle au nom de Dieu, est-ce que ce que je dégage comme impression est ce que je suis en privé? S'il y a un décalage, je dois me poser d'encore plus sérieuses questions.

S'il y a un décalage, je devrais même m'abstenir de prêcher ou d'accepter un poste dans l'église en expliquant simplement que ce n'est pas possible pour le moment. On peut dire que l'on est pas disposé pour le moment, si on souhaite aller un peu plus loin dans notre explication.

Le problème c'est que la majorité des gens ne feront pas ce choix quand on leur offrira une opportunité tout en étant dans ce décalage dont je viens de parler.

Il ne le feront pas à cause des qu'en dira-t-on. Ils ne le feront pas parce que cela nuira certainement à leur chance de gravir l'échelle corporative de leur église respective. Ils croient qu'ils perdront une chance qui pourraient ne pas se représenter, mais en faisant ce choix, il perde la connexion avec Dieu, et toute réelle puissance.

Pire encore, ils sont des bombes à retardement.

En faisant ce choix, on a maintenant à faire avec des gens qui sont dans un tel décalage, qu'ils frappent le chien, peut-être même les enfants, crient sur leur épouse avant de se retirer pour aller préparer une prédication.

Peut-être encore regardent-ils de la pornographie, et/ou ont une relation extra-conjugale, et vont tout de même présenter un séminaire sur la "pureté sexuelle" ou sur "comment réussir son mariage".

Je pourrais citer pire encore, mais je préfère m'arrêter à ces deux exemples pour le moment.

Cette perte de connexion, d'humilité, peu importe la raison (qui serait mauvaise de toute façon), créé un environnement non seulement toxique pour soi, mais aussi très dangereux pour les autres.

Comment garder le cap dans un tel environnement?

En gardant les yeux fixés sur Jésus, évidemment, mais aussi par sa grâce, en rencontrant des exemples vivants de personnes qui ont choisi de porter leur propre croix, de mourir à eux-mêmes, et ce, dans une authenticité et une humilité désarmante, au dépens de leur image qu'ils auraient pu essayer de sauver, cachant et étouffant cette part d'eux qui n'étaient pas encore soumise à l'influence du Saint-Esprit.

J'ai rencontré une telle personne il y a 12 ans maintenant, dans une conférence organisée pour de jeunes leaders chrétiens, au Michigan. Son prénom était Angelo.

Quand j'étais arrivé à ce que j'appelais un "meeting" (qui était plutôt une dévotion du soir, mais qui était un jargon qui m'était alors inconnu), j'ai "spotté" cet homme, seul, dans le coin de la salle et qui me semblait timide.

Personnellement, dans la vie, je provenais du milieu du monde des affaires et j'avais pris l'habitude dans les meetings que j'organisais d'aller mettre à l'aise les invités qui semblaient un peu anxieux et timides.

J'ai pensé le faire à ce moment précis, mais je n'y suis pas allé, car je me suis rappelé que ce n'était pas "mon meeting" et qu'il fallait que je me calme un ti-peu. Lol.

L'animateur de la soirée à alors invité les gens à s'asseoir et il a introduit l'orateur pour la dévotion du soir. Après quelques mots, il annonça le nom d'Angelo et à ma grande surprise, la personne même qui me semblait gênée, s'est avancée vers l'avant pour faire le partage de la soirée.

J'en étais bouche bée.

Dans mes meetings d'affaires, c'était d'ordinaire très facile de reconnaître qui était l'orateur du soir. Il ne suffisait que d'osberver la démarche pleine d'assurance, le complet à 1000$ et la montre qui scintille de celui-ci.

Mais dans ce cas et ce contexte-ci, j'avais été carrément "blindsided" comme on dit en bon français.

Cet homme que je ne connaissais alors ni d'Ève ni d'Adam, avait commencé à nous parler de l'importance capitale de ne pas vivre une double vie, en tant que chrétien. 

Que de faire cela pouvait être à la fois fatal pour nous-mêmes, mais pire encore, pour les gens de notre entourage.

Il a ensuite dit qu'il avait été, lui-même, cette personne. 

Fils de pasteur, il avait toujours été perçu comme un enfant modèle, calme, disponible, impliqué dans l'église, tout le kit, quoi!

Mais continuant son récit il nous raconta qu'un certain jour, alors qu'il était déjà baptisé dans l'église, on avait fait un appel à l'avant en fin de prédication. L'appel se voulait spécifique pour les gens qui voulaient donner leur vie à Jésus, laisser derrière tout ce qui était de l'homme charnel avec ses passions, mais aussi renoncer à cette malheureuse et trop courante double vie, qui laisse croire que l'on est quelqu'un que l'on n'est pas réellement.



Angelo, le fils de Pasteur, jeune adulte, calme, disponible, impliqué dans l'église, enfant modèle, se leva, se dirigea à l'avant pour répondre à l'appel, et demanda à être baptisé de nouveau.

Coup. De. Théatre. Total.

Jusqu'à ce jour, ce qui m'a convaincu de la véracité de la Parole de Dieu et du poids de l'exemple et du sacrifice de Jésus, ce n'est pas réellement les prophéties, ou les études bibliques. 

Elles étaient utiles, et nécessaires, oui.

Mais c'est quand j'ai rencontré cet homme et que j'ai vu de mes yeux vu la représentation de l'humilité et de l'authenticité qu'incarnait le Christ et goûté à cet amour sacrificiel (car croyez-moi, il ne gagnait rien humainement à montrer et démontrer une telle transparence, bien au contraire), que j'ai réellement cru que Dieu avait le pouvoir de transformer les cœurs et de pardonner les péchés.

Jamais je n'avais vu un homme en paix, comme l'homme que je voyais devant moi à ce moment. Jamais je n'avais senti une puissance sortir d'un homme comme elle sortie de celui-ci, et tout cela, d'un ton calme, doux et réconfortant.

La base sur laquelle j'avais bâtis mes croyances et mon succès était complètement ébranlée, que dis-je, explosée en mille morceaux.

Pour la courte histoire, Angelo y est allé d'une transparence complète et il nous a parlé de cette double-vie qui était la sienne. Il avait entre autres choses, basculé dans la consommation de pornographie. Un mal répandu qui fait des ravages dans nos églises et dans nos vies.

J'en ai déjà consommé. Et c'est le cas d'un quantité inouïe de personnes dans les églises. Les mêmes statistiques de la population générale, s'appliquent pour le monde du christianisme, j'en suis plus que persuadé. (On parle de jusqu'à 90% des hommes en ayant déjà consommé et de jusqu'à 60% des femmes https://www.roadtograce.net/current-porn-statistics/ ).

Mais, on n'en parle pas, parce que c'est tabou et que ça pourrait nuire à notre image (soi-même et/ou de l'église) et nous empêcher d'occuper un poste, ou de présenter le séminaire que l'on a préparé sur un sujet ou un autre.

Je cite cet exemple, parce que c'était celle de l'histoire d'Angelo, mais aussi parce qu'il y a de bonnes chances que vous soyez directement concernés, vous qui lisez ces lignes.

Plutôt que de penser à l'échelle humaine d'un poste convoité, ou au regard humain des gens qui risquent de vous juger, pensez plutôt à l'échelle Divine qu'est le Christ Lui-même, Lui qui nous a réconcilié avec Dieu. Mais pensez aussi à son regard posé sur nous, : "Notre Dieu est plein de tendresse et de bonté: il fera briller sur nous une lumière d'en haut, semblable à celle du soleil levant" Luc 1:78 BFC.

Pensez à ce que le Christ a dit Lui-même, "que servirait-il à un homme de gagner tout le monde, s'il perdait son âme? Ou que donnerait un homme en échange de son âme?" Matthieu 16:26

Je crois que c'est précisément ici que Ravi Zacharias s'est perdu lui-même en chemin.

Jésus nous dit aussi : Je suis le chemin la vérité et la vie, nul ne vient au Père que par moi. (Jean 14:6)

Il dit encore : Vous connaîtrez la vérité et la vérité vous affranchira. (Jean 8:32)

Aller vers la vérité et laissez-la vous affranchir.

Toute la vérité, rien que la vérité.

Ne vous laissez jamais duper/berner par ceux qui avancent qu'il est mieux d'enterrer certaines histoires vraies, pour ne pas nuire à l'image d'une personne, de la nôtre, ou de l'église.

Rien n'est plus faux, c'est un mauvais conseil.

Oui, choisir cette route est dur, et non la repentance ne vient pas avec une assurance d'éviter les conséquences.

Mais la repentance mène à la rédemption, notre seule assurance.

Car non, la repentance n'est pas dans l'optique de se soustraire à la conséquence. Une vraie repentance comprend et accepte la gravité du geste qui a été commis, et que celui-ci peut évidemment être pardonné, mais aussi qu'il peut souvent être sanctionné. La vraie repentance accepte la conséquence comme faisant partie intégrante du processus de la repentance, elle ne l'a fuit pas ni ne se bat pas contre elle.

Je vous invite à aller relire l'histoire de David, qui pour un temps, vécu une double vie en secret (2 Samuel 12:12) et de Bath-Sheba pour mieux approfondir cette notion, car la repentance de David, réelle, ne fut pas dépourvue de conséquences, qu'il a dû accepter, même si ce fût douloureux.

Et vous, menez-vous une double vie?

Quel choix ferez-vous aujourd'hui?

La repentance, est notre seule assurance.

Peu importe qu'elle en sera la conséquence.

Car cette espérance, quelle délivrance!

"De même, je vous le dis, il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent, que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de repentance." Luc 15:7

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