L’issue d’un combat (1 an plus tard) - Surmonter l'anxiété et la dépression

On vit dans un monde ou la santé physique et mentale en prend un gros coup. Un monde qui ne prend jamais le temps de s'arrêter. S'arrêter… Mais quelle bonne idée. S’arrêter et parfois même prendre un pas de recul, pour pouvoir mieux reprendre son élan. 

Un élan, pour avancer.

***


La genèse d’un combat

Dans un passé pas si lointain, j'ai dû prendre un « break ». On pourrait dire que j’avais de la difficulté à reprendre mon souffle à la surface de l'eau. Une trop rare bouffée d'air qui ne semblait venir qu'une seule fois par jour, et que je m'efforçais de retenir pour tenter de passer au travers de la journée.

Entre deux respirations, je ne vivais pas vraiment, on dirait plutôt que je survivais. Toute la famille marchait constamment sur des oeufs avec moi et devait faire attention pour ne pas me faire craquer et me voir ainsi piquer une colère aussi soudaine que non méritée. Je n'étais assurément pas d'une agréable compagnie. 

En fait, sortir du lit le matin était devenue pour moi une vraie corvée. J’avais cette constante impression d’avoir un nuage gris au-dessus de ma tête. La motivation était si absente que c’était un mot qui avait perdu son sens. La première pensée excitante de mes journées (et souvent la seule) était celle de ma soirée à venir, quand les enfants allaient ENFIN être au lit pour que je puisse m'isoler et prendre une bonne dose de sucreries et de divertissement; ce que je considérais alors comme la « sainte paix ».

Je voulais juste me sentir un peu mieux, ne serait-ce que pour un moment, dans le fond. J’étais à ce moment-là loin de me douter que cette soi-disant « paix » n’était autre qu’une habile contrefaçon déterminée à me tenir captif. 

Dans mon for intérieur, je savais bien qu'il y avait plus à la vie que de seulement endurer ce que je percevais comme « le supplice du quotidien » en attendant la désormais « délivrance du soir ». 

Plus pour mes enfants et ma femme que cet homme zombie et colérique que j’étais devenu.

À ce stade-ci de votre lecture, vous l’aurez peut-être deviné : j'étais en dépression. C’était ma deuxième en l'espace de 6 ans.


Lueur d’espoir

Un sabbat matin alors que nous visionnions le culte diffusé en ligne du centre Il Est Écrit à Montréal, j’ai entendu une annonce du programme « Surmonter l’anxiété et la dépression » du Dr Neil Nedley. C’est à ce moment que j’ai pris toute la mesure de la situation dans laquelle je me trouvais. J’ai compris que j’étais redescendu là où j’avais déjà été, mais que si je ne m’en étais pas encore rendu compte, c’est parce que j’y étais plus profondément descendu que la première fois; là où la lumière se fait rare et rend difficile de distinguer quoi que ce soit. Cette annonce m’a alors donné la lueur nécessaire pour constater l’état des lieux dans lequel je me trouvais et j’ai à ce moment précis pris la décision ferme d’y chercher de l’aide.

Et si je l’ai fait, au risque de surprendre, ce n’était pas pour moi-même. Si j’ai pu trouver la force d’y aller, c’est en pensant aux êtres qui me sont chers et qui vivaient des douleurs que je voulais leur épargner et dont j’étais la source bien malgré moi. Ma femme ne méritait pas ce mari et mes enfants ce père que j’étais devenu. C’est en eux que j’ai trouvé le courage. 

Ce fut un excellent choix.

Le programme surmonter l’anxiété et la dépression

Je ne vous conte pas le soulagement quand la proverbiale joie de vivre alors disparue est tranquillement revenue...

Mais il faut faire attention ici, car on ne fait pas dans les pensées magiques. Arrivé sur place, à ce programme hebdomadaire sur huit semaines, j'avais résolu de mettre à rude épreuve les outils qu'on mettrait à ma disposition. Je me rappelle avoir eu cette réflexion : 

« Si ça ne marche pas, j’aurai au moins une bonne raison de me plaindre ». 

Mais alors voilà qu’au bout de ces quelques semaines d’assiduité et de mise en pratique du programme, ce qui me semblait plutôt improbable sinon relevant carrément du miracle est survenu : le quotidien retrouvait des arômes et des couleurs agréables, des fous rires avec les enfants se réinvitaient et des conversations sous le signe du calme se faisaient plus fréquentes. Même les tâches quotidiennes se transformaient doucement en source de satisfaction! Chose difficile à imaginer si on ne l'a jamais expérimenté…

Ma dépression commençait assurément à se dissiper pour laisser place à une vie plus épanouie, mais j’étais loin de me douter de l’expérience qui allait suivre et qui m’attendait.


Des bénéfices collatéraux

Le programme du Dr Neil Nedley ("Depression The Way Out") a plus qu'atteint son objectif. Je dis « plus qu’atteint » parce que de la même façon que la guerre peut faire ce que l’on appelle des dommages collatéraux, ma bataille contre la dépression, armé des outils du programme, m’aura procuré des effets plutôt inattendus que j’aime appeler des « bénéfices collatéraux ». C’est que non seulement j'avais retrouvé cette fameuse « joie de vivre », mais j'ai depuis aussi expérimenté un réveil sur le plan de ma spiritualité. Comme vous pourrez le comprendre dans les lignes qui suivront, j'ai découvert que ce réveil n'était pas le fruit du hasard.

En effet, toutes les nouvelles habitudes que j'avais mises en application et les outils dont je me servais ont remis mon cerveau en bon état de marche. Car j'ai appris dans le programme que le lobe frontal de notre cerveau était responsable de fonctions des plus importantes qui soient : de la prise de décisions à l'humeur, du contrôle de l'impulsivité à l'empathie et que mes habitudes de vie avaient un impact sur celui-ci.

Dire que le lobe frontal contrôle des pans non négligeables de chaque individu serait un euphémisme.

Mais oh! Il y a plus : on dit aussi de ce lobe frontal qu'il serait le siège de la volonté, des valeurs, de la moralité et de la… spiritualité. Tiens, tiens... voilà qui est intéressant.


Un réveil spirituel

Si à priori un chrétien dépressif peut sembler un oxymore, c’est pourtant une réalité qui ne sert à rien d’ignorer. J’étais toujours chrétien, même lorsqu’en dépression, mais on peut supposer que le piètre état du lobe frontal de mon cerveau avait grandement contribué à miner ma spiritualité et ma relation avec Dieu. D’ailleurs, celle-ci était devenue quasi inexistante, et ce qui en restait plutôt machinal.

Mais alors voilà qu’au fur et à mesure de ma rémission, l’intérêt pour la lecture de ma bible et l’étude plus approfondie de celle-ci se manifesta sans crier gare et avec une intensité toujours plus grandissante. 

De Adam qui se cache de Dieu au fond du jardin, me voilà alors en train de Le chercher à nouveau et comme Jacob, ne souhaitant pas lâcher prise jusqu’à ce que j’aie reçu une bénédiction.

Jean 10 au verset 10 nous dit que Jésus est venu pour que nous ayons la vie, et une vie abondante de surcroît. Ce n’est donc pas dans Son plan que nous vivions sans joie, sans motivation et sans projets de paix et non de malheur. Dieu le dit Lui-même dans Sa Parole, Il veut nous « donner un avenir et de l’espérance ». (Jérémie 29:11)


Bonheur et satisfaction

Si le monde va toujours aussi vite qu’avant, de mon côté, je prends maintenant le temps qu’il faut. L'Ecclésiaste nous le rappelle : « Il y a un temps pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux » (Ecclésiaste 3:1). Je prends donc aujourd’hui le temps de m’arrêter avant l’arrivée des dommages et avec les outils que j'ai acquis, ces pauses ne sont plus celles d’antan. Elles ne sont plus de simples moments de « divertissement ». Elles se sont plutôt transformées en moments de ressourcement et de véritable « re-création » et non pas seulement « récréation ». 

À la fin du livre d’exercice du programme surmonter l’anxiété et la dépression on retrouve la phrase suivante : 

« Il n’y a pas de limite à votre bonheur et à votre satisfaction ». 

À la lumière des promesses que nous venons de lire et de l’expérience que j’ai vécue, je ne peux faire autrement que de croire chaque mot de celle-ci.

C’est ainsi que grâce à Dieu, depuis maintenant quelque temps déjà, dès le matin, j'attends encore impatiemment le soir pour endormir mes enfants. Mais, maintenant, ce n’est plus pour ENFIN avoir la paix. C'est désormais un moment privilégié et paisible qui couronne plus souvent qu'autrement, des journées très remplies, mais surtout, satisfaisantes.

Voilà donc un peu de mon histoire. J'ai goûté à la vie, et je l'expérimente de plus en plus abondamment. 

Une vie que Dieu veut pour tous ses enfants, y compris vous qui lisez ces quelques lignes.

C’est pourquoi j’aimerais terminer ce texte en vous invitant, si vous vivez avec des difficultés liées à l'anxiété ou à la dépression, à aller chercher le soutien nécessaire en dépit des qu'en-dira-t-on. Et si vous connaissez une personne qui en souffre, montrez-lui de l’empathie, soyez à l’écoute et offrez-lui des prières et pourquoi ne pas l’accompagner à un rendez-vous médical ou encore à une séance d’information du programme.

Alors en quelques mots : bon courage! Souvenez-vous que nous ne sommes pas condamnés à vivre avec ces maux sournois, mais surtout : que surmonter l’anxiété et la dépression c’est non seulement possible, mais que c’est aussi la volonté de notre Père céleste.

« (...) moi, je suis venu afin que les brebis aient la vie et qu'elles l'aient en abondance. »

Jean 10:10b (Version Segond 21)

J'aimerais vous inviter à consulter les ressources suivantes :

https://www.mieuxvivre.org/

https://www.surmonterladepression.ca/


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