« THE LAST DANCE » : Le goût amer de la recette « Jordan »

Au risque de faire une déclaration incendiaire, je suis un peu déçu de constater toute l'étendue de l'attitude que Jordan a choisi d'utiliser pour carburant durant sa carrière d'indéniable GOAT. Je me souviens très bien de la finale des Bulls contre le Jazz en 1998. Je l'avais enregistré sur VHS et écouté tôt le lendemain matin avant d'aller à l'école (parce que c'était période d'examen et mes parents ne voulaient pas que je me couche trop tard, bien sûr! :) )



C'était l'époque ou Dennis Rodman était un de mes joueurs préférés juste avant l'ascension de Kobe. Mais c'était malgré tout évidemment Jordan mon « vrai » joueur préféré, parce que c'était la chose logique à affirmer pour un jeune ado de 12-13 ans.

Bon, c'est sûr que j'ai toujours su que Jordan était un trashtalker comme pas un. Je connaissais les histoires de batailles avec ses coéquipiers durant les pratiques et celle du fameux shutdown de Kukoc aux Olympiques. Jusqu'à tout récemment, pour moi, ces histoires ne faisaient qu'ajouter à la légende de « His Airness ».

Mais il y a quelque chose dans ce qu'à révélé "The Last Dance" (dont je n'ai vu que des extraits ou lu que des rapports, donc : oui, vous pouvez me dire que je devrais le regarder avant de publier cette présente opinion si vous le voulez, même si je crois en connaître suffisamment pour l'émettre) qui m'a plutôt fait l'effet contraire.

J'ai déchanté, j'ai été désillusionné, comme on dit.

Je ne suis plus un jeune ado de 12-13 ans. Je suis maintenant un adulte qui a sa propre famille, ses propres enfants. Mes valeurs sont aujourd'hui différentes, elles ont changé (et je ne juge pas les vôtres en écrivant ceci, là n'est pas du tout mon intention, je m'excuse d'avance si vous en avez l'impression!) et toute cette histoire me laisse un goût plutôt amer.

Tsé, c'est ça l'affaire : quand j'entends Jordan dire qu'il croit vraiment que les choix qu'il a faits étaient pour le bien de l'équipe et surtout des victoires, bien vous savez quoi... je le crois sur parole.

À 100%.

Je pense qu'effectivement c'était peut-être la recette de sa sauce secrète, et qu'elle était/est probablement la plus efficace pour qu'il puisse arriver à ses fins, à toutes ces victoires.

Plus efficace que les speechs inspirants.

Plus efficace que les encouragements.

Plus efficace que la simple détermination.

La haine et la frustration viennent chercher en nous des réserves dont on ne soupçonne parfois même pas l'existence... Je m'en souviens quand j'étais moi-même joueur. Je l'ai expérimenté. Quand j'étais en « maudit », je performais bien au-delà de mon talent et de mes capacités. Je ne sentais plus la fatigue, je sautais plus haut, je courrais plus vite, j'avais une concentration folle, je rentrais dans la cette proverbiale« zone ».

Pour certains, ça ne marche pas, ça les casses. Pour d'autres ça fait d'eux comme... une sorte de Super Saïyen.

Jordan savait comment stimuler cette corde-là chez les autres, il savait comment appuyer sur le fameux bouton. C'en était rendu pour lui carrément un réflexe. Alors, quand il dit, les larmes aux yeux, que c'était la meilleure façon d'atteindre la victoire à tout prix, je le crois.

Malgré cela, et bien personnellement, je ne crois plus en ça, la victoire de cette façon.

Mais surtout, c'est une recette que je ne souhaite pas apprendre à mes enfants.

Je préférerais qu'ils apprennent à « élever » les autres, quitte à sacrifier leur propre victoire. Je souhaiterais qu'ils apprennent à servir, plutôt qu'à « dominer » la compétition. J'aimerais qu'ils apprennent à admirer des hommes ou des femmes qui ont fait ce choix-là :

Le « Self-sacrifice ».

Si je m'assois avec eux dans les prochaines semaines, je vais peut-être regarder un documentaire de basket avec eux. Mais ce ne sera pas "The Last Dance".

Je vais peut-être leur proposer celui que je joins à ce post et qui met de l'avant des valeurs de dépassement différentes.

Et je vous encourage à le regarder, vous aussi. Si vous connaissez déjà Penny Hardaway, vous découvrirez peut-être dans ce documentaire Desmond Merriweather et l'histoire d'une autre sorte de victoire à tout prix.

Vous le constaterez par vous-même très certainement, c'est une recette qui goûte bien différent.

Et cette recette-là : la sauce « Hardaway », je souhaiterais ardemment apprendre à la cuisiner, mais surtout, à la faire découvrir à mes enfants et pouvoir apprécier avec eux son goût réconfortant...

Bonne écoute!

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