Le virtuel, un monde aux possibilités... presque infinies

Je surfais récemment sur un groupe Facebook qui aborde le sujet de l'évangélisation digitale/numérique. On y avait mis un lien vers un article qui parlait d'une personne qui avait suivi des études bibliques virtuelles. Mais pour bien préciser, on ne parle pas ici d'un cours par correspondance ou à progression à son propre rythme en ligne. On parlait plutôt d'un pasteur qui utilisait une plateforme de réalité virtuelle et qui, à l'aide de son avatar, allait à la rencontre d'autres usagers dans le but d'aborder et d'ouvrir un dialogue spirituel. Éventuellement, une de ces conversations s'est transformée en étude biblique, puis finalement en conversion, le tout à travers le virtuel.

Cette personne n'avait de réel contact social avec autrui qu'à travers le web. Elle était donc peu encline à vouloir rencontrer physiquement d'autres personnes. C'est pourquoi, suite aux études et à la proposition du pasteur, elle accepta volontiers de se faire baptiser... virtuellement!

On pouvait donc, assister en vidéo, à cet événement tout à fait surréel d'un avatar, celui du pasteur, qui baptisait un autre avatar, dans un monde qui semblait tout droit sorti d'un jeu vidéo, dans de l'eau pixélisée!

Le partage initial de cette publication sur le groupe Facebook à travers laquelle je suis tombé sur cette histoire, visait à demander ce qu'en pensaient les autres membres, si ce genre d'évangélisation est quelque chose auquel ils avaient déjà pensés ou s'ils la considéreraient. La question était lancée!

Si je ne m'attendais pas à ce que l'écrasante majorité des membres trouvent cela plutôt insolite, j'ai néanmoins été surpris de constater que beaucoup avaient une réaction très positive. On voyait dans cette histoire un pasteur en synchronisme avec son temps (bref notre époque), et qu'il faudrait plus de gens qui s'ouvrent, comme lui, en allant à la rencontre des gens, là où ils se trouvent.

Très loin de moi l'idée d'être en désaccord, car on ne peut pas être contre la vertu. Néanmoins je crois qu'à l'ère des maux du 21e siècle, pour plusieurs nés de ce contexte nouveau et particulier qu'est le virtuel, je crois qu'il pourrait être sage d'élargir la question.

Certes, Jésus allait à la rencontre des gens là où ils se trouvaient. Cela dit, si Jésus répondait à leurs besoins spirituels, ils répondaient aussi à leurs besoins les plus profonds, que ce soit en les guérissant, en les nourrissant, en les réconfortant ou encore en leur donnant du repos de plusieurs, façons, jusqu'à les prendre parfois dans ses bras.

Dieu nous a créés entier. L'Homme a plusieurs facettes qui le composent et nous les avons étiquetées de plusieurs noms; nous sommes des êtres physiques, émotionnels, sociaux et spirituels. On ne peut pas vraiment isoler, négliger ou oublier l'une d'entre elles et rester entier.

Voilà pourquoi je crois qu'il est absolument utile d'aller à la rencontre des gens là où ils se trouvent, mais en plus, de les amener autant que faire se peut (et tout est possible, avec le Seigneur!) là où ils ont le plus besoin d'aller.

Ce mot, « besoin », est l'essentiel de tout ce billet. Le virtuel peut adroitement contribuer à remplir et parfois même combler plusieurs facettes qui nous composent. Mais c'est au besoin vital de contact physique qu'il atteint sa limite.

« C'est au besoin vital de contact physique que le virtuel atteint sa limite. »
Des recherches ont démontré que le contact physique est intimement lié à nos différents besoins émotionnels et sociaux. Même notre santé au sens plus global. Une expérience en particulier avait démontré que des rats qui étaient privés de contact physique avec les leurs, ou même avec un être humain qui le manipulait à l'occasion, vivaient moins longtemps et dans certains cas, se laissaient même mourir.

Vous voyez très certainement là où je m'en vais. Comme on le dit souvent, le baptême d'un nouveau chrétien n'est pas le point d'arrivée, mais le point d'un nouveau départ. Ce deuxième commencement nécessite autant sinon plus de soutien de la part de son entourage que ce qui l'a mené jusqu'à ce point.

Notre rôle d'accompagnement... débute!

Il existe au Japon un phénomène bien particulier. On appelle certaines personnes des « Hikikomoris ». Ce sont des gens qui ont coupé tous liens avec le monde physique et qui ne communiquent avec l'extérieur qu'à travers le virtuel. Bien souvent, ce sont d'avides consommateurs de jeux vidéo et ils ont complètement basculé vers le numérique. Pour pouvoir aider ces personnes à renouer avec le monde physique, un organisme a vu le jour. Des femmes se sont regroupées pour offrir un service de grandes soeurs et aller rendre visite bénévolement à ces « Hikikomoris », chez eux, afin de tranquillement, mais sûrement, gagner leur confiance et se lier d'amitié avec eux. Parfois elles doivent leurs parler à travers la porte de leur chambre, qui reste fermée, plusieurs semaines d'affilée, avant que la personne n'accepte de l'ouvrir pour parler face à face. Au final, après des semaines ou des mois, un lien se crée, la jeune personne accepte même d'aller à l'extérieur, d'aller prendre une marche, d'aller au restaurant. Les témoignages fusent, ils se sentent libérés, délivrés.

Pour conclure ce billet, je crois que nous devons continuer d'aller vers les gens, là où ils se trouvent. C'est la première étape, la plus cruciale. Mais faisons aussi comme le Christ le faisait et prions pour que nous puissions répondre au besoin le plus grand de cette personne. Si on peut utiliser le virtuel pour aller à la rencontre de certaines personnes, je dis Alléluia! Cela dit, je souhaite que notre accompagnement soit guidé par le Seigneur et que nous puissions conduire les gens vers la Vie et qu'ils puissent l'expérimenter en abondance, quels que soient leurs besoins les plus profonds.

Moi, je suis venu afin que les brebis aient la vie et qu'elles l'aient en abondance. 
Jean 10:10

Commentaires

Populaires

Un choc.

En a-t-on fini avec Dieu?

La nostalgie une maladie?