Pourquoi j’ai arrêté d’écouter House of Cards (et quelques autres séries)

Il y a de ça bientôt deux ans, j’ai pris la décision d’arrêter de regarder les séries que je regardais à ce moment-là.

Ce qu’il faut savoir, c’est que j’ai eu une prise de conscience personnelle qui m’a tranquillement mais sûrement mené vers la décision de remplacer Netflix et cette forme de divertissement en général, décision que certains d’entres vous pourriez probablement qualifier de drastique et je ne saurais vous reprendre.

Quelle mouche m’a piqué? Voici mon histoire.

Depuis l'avènement et la consécration de Netflix qui s’est imposé en roi et maître dans l’industrie il y a quelques années, la qualité des séries télé a fait un bond considérable vers l’avant. Les budgets de production et l’intérêt général sont à leur comble. Mais si j’ai pris cette décision, ce n’est pas pour une forme de protestation envers la machine. Ce n’est pas non plus pour être plus hipster que le hipster qui dit que lui, il n’a pas de télé à la maison (ce qui en 2019, n’est plus si spécial que ça en soi entre vous et moi), mais c’est pour une raison toute autre et j’ai nommé... la moralité chancelante et pernicieuse de ce que l’on pourrait appeler les antihéros de plusieurs séries les plus populaires.

En cette troisième publication de mon blogue personnel, le fait que je sois chrétien ne saurait plus être une surprise pour le lecteur. Et oui : ça teinte bien entendu ma vision de ce que je fais et de ce que je vis. C’est bien évidemment à travers ces lunettes que j’ai vécu mon détachement des séries, mais aussi à travers ce filtre que je me suis questionné sur la moralité et le message qu’elles transposent. Je m’explique.

Vous voyez, les séries que je regardais à l’époque étaient grosso modo les suivantes : “House of Cards”, “Breaking Bad”, “Better Call Saul”, “Sons of Anarchy” et une dont je tais le nom pour l’instant, mais que je garde pour la fin.

Ces séries ont toutes un dénominateur commun.

Pour le dire simplement : dans chacune d'elles, en tant que téléspectateur, on prend pour le méchant.

Avec plus de nuances, on pourrait dire que nous éprouvons de la sympathie pour certains personnages, malgré leurs agissements immoraux.

Je vais tenter de jeter un peu de lumière sur ce que je veux dire avec l’aide d’un commentaire que quelqu’un avait laissé sur YouTube en parlant de la série “House of Cards” et plus précisément ***Spoiler Alert*** de la mort de la journaliste Zoe Barnes, que dis-je, du meurtre de Zoe Barnes commis par Frank Underwood, personnage qui aspire à la présidence des États-Unis. Dailleurs, commentaire auquel je m’identifiais à 100%. Le voici (désolé pour l’anglais) :

« (...) When he did it -- i kept thinking it was someone's dream, either Zoe's or Frank's - but then I came to realize that it was real.  And here's what bothers me about myself- i keep drifting, and LIKING Frank Underwood. I keep cheering him - I want him to win but then I gotta remind myself that he killed this girl.  But part of me doesn't want him to be carried out in handcuffs. Why is this? In real life I'd say he deserves the death penalty but on this show, somehow, I want him to win. »

Ouch.

Cette constatation m’a fouetté en plein visage. On mettait en mot ce que je ressentais mais que je n’osais pas m’avouer.

Je crois fermement que nous sommes influencés par ce que l’on regarde. Comme ma femme le dit si bien : “On est transformé à l’image de ce que l'on contemple”! À force de regarder certaines personnes adopter un comportement questionnable, ce comportement finit par devenir d'abord moins choquant et éventuellement plutôt normal. Même si c’est une série fictive. Même si dans le fond, on le sait que c’est pas bon. Je crois qu'on diminue nos standards petit à petit, qu'on se désensibilise.

J’ai déjà travaillé avec un gars qui faisait du Taekwondo et qui m’expliquait toute l’importance d’avoir des tibias durs comme le fer pour donner et recevoir des coups. Sa méthode pour y parvenir? Il se donnait des petits coups de marteau à répétition sur les tibias pour les désensibiliser, tout en écoutant la télévision. C’est maintenant pour moi une image forte, car je crois que même si on ne se frappe pas avec un marteau, nous nous désensibilisons tout de même souvent à travers notre petit écran à coups d’émissions peu édifiantes.

Nous sommes des bibittes très très influençables.

Ce concept d’antihéros est repris dans toutes les séries que je suivais et je sais que c’est aussi le cas dans bien d’autres. Dans “Breaking Bad”, Walter White passe d'un sympathique prof de chimie à un dealer de drogue de plus en plus endurci. Mais le mal est fait : on s’est attaché au personnage. Quand bien même ***Spoiler Alert*** il laisse mourir la blonde de son partenaire de crime et ancien élève Jesse Pinkman alors qu'elle fait une overdose, (en la laissant s’étouffer dans son vomit alors qu’il aurait pu la sauver), on continue de suivre avec intérêt sa progression dans le monde sombre où il évolu. Dans “Sons of Anarchy”, il serait difficile de dire qu’il y a un bon dans toute cette saga, puisque tout le monde est corrompu et/ou membre d’une gang de moto aux moeurs plutôt extrêmes, mais on finit tout de même par s’attacher à Jackson Teller et à sa gang en dépit de leurs valeurs et de leurs actions. Idem pour l’apprenti avocat, ex-fraudeur Jimmy McGill aka Saul Goodman dans la série “Better Call Saul”. En bref, cette série est l'histoire d’un avocat véreux en devenir. Certes, ce dernier cas est plus léger en comparaison aux autres séries pré-citées, mais le principe de fond reste le même : ici on s’attache à un personnage qui est entre autre manipulateur, menteur, voleur, usurpateur et tout ce qui vient avec. Oui, moi aussi je le trouvais drôle le bonhomme. Oui c’est triste son histoire et oui : il semble avoir un “bon fond” quand on voit à quel point il aime son frère malade et tout et tout. On pourrait arguer qu’on regarde parce que l’on souhaite qu’il s’en sorte. Qu’on espère qu’il change de voie. Je vous donnerais le bénéfice du doute, si ce n’était que cette série est ce qu’on appelle dans le jargon un "spin-off" de la série “Breaking Bad”, c’est-à-dire une série dérivée d’une autre et qui reprend les mêmes personnages et où dans ce cas-ci l’intrigue se déroule avant l’histoire de “Breaking Bad”. On connaît donc déjà comment ça va finir (mal). La suivre n’est alors que pure curiosité. En ce qui me concerne j’irais maintenant jusqu’à la qualifier de curiosité mal-placée voire plutôt malsaine.

J’en entends me dire : “Ben si t’aime pas ça t’as juste à pas regarder!”.

Eh ben vous savez quoi? Vous avez raison. Entièrement raison.

À mes yeux, et je vous rappelle que je ne peux parler que pour moi-même, c’était en plein ça le problème justement : que j’aimais ça.

Je n’étais pas confortable avec cette constatation, mais malgré tout je continuais quand même à suivre ces séries. C'est pas facile d’arrêter vous le savez aussi bien que moi j'en suis sûr! Chaque épisode met la table pour le suivant d’une manière à ce que ce soit tout à fait surhumain de ne pas céder au désir d’assouvir notre curiosité (le autoplay à la fin des épisodes n’aidant en rien).

Pourtant, j’ai arrêté.

Pour moi ce qui a sonné le glas, ce fut un épisode de la série que je gardais pour la fin de ce post et j’ai nommé “Black Mirror”.

“Black Mirror” est une série britannique qui explore dans chaque épisode ce que pourrait devenir notre monde s’il poursuivait une certaine tangente, une sorte de dérive technologique (et j’ai envie d’ajouter que les épisodes les plus percutants font état d’une grande dérive morale également).

Bref, c’est l'épisode “Black Museum” et plus particulièrement le mini-épisode “The Pain Addict” qui a été vraiment trop pour moi. La goutte de trop. Je vous épargne les détails, mais sommairement, c’est l'histoire d’un médecin qui se fait poser un implant au cerveau qui lui permettra de ressentir la douleur du patient lorsque celui-ci porte un casque spécial avec des capteurs. Ce procédé aurait dû normalement permettre au médecin de mieux soigner le patient, mais évidemment à un certain moment, l’implant fait défaut et au lieu de ressentir de la douleur quand le patient en ressent, il commence plutôt à ressentir du... plaisir. Il en devient accro et il se transforme en un monstre prêt à tout pour ressentir ce sentiment de plaisir et dont la dose ne semble jamais assez forte et pleinement satisfaisante (je peine à taper ma phrase seulement en y repensant, c’est vous dire à quel point j’en suis marqué). Pour vous donner une idée, voici simplement une citation de l’épisode alors que le médecin se met à commettre des actes immondes pour assouvir ses envies :

“Fear and pain goes together just as caviar and champagne”.

Gloups.

J’ai découvert plus tard que cet épisode était basé sur une nouvelle écrite par Penn Jillette du duo de magiciens/illusionnistes Penn & Teller et qui est d’ailleurs un grand défenseur de l’athéisme.

Cet épisode a donc agit sur moi comme un véritable électrochoc. Pourtant je me considérait plutôt désensibilisé avec tout ce que j’avais préalablement regardé. Mais cette fois, le visionnement de cet épisode m’a presque rendu malade physiquement. J’en avais la nausée et même des flashbacks de certaines scènes quand je fermais les yeux.

C’est à ce moment précis que je n’ai plus regardé en arrière et que je n’ai plus regardé ces séries.

C’est à ce moment précis que j’ai accepté d’écouter la petite voix qui me disait que je pourrais mieux investir mon temps et gérer la façon dont je me divertis.

À ce moment, aussi que j’ai commencé à réfléchir et à méditer sur certains passages du nouveau testament que j’avais déjà lu plusieurs fois.

À ce moment que je n’en ai pas seulement compris le sens et la portée, mais que je l’ai ressenti de toute mon âme.

J’aimerais citer un passage qui m’a toujours interpellé depuis la première fois que je l’ai lu. Genre de passage que j’ai toujours trouvé hyper sensé, mais que je m’avouais incapable de vivre. Il se trouve dans l’épitre de Paul aux Philippiens, au chapitre 4 et au verset 8 :

“Au reste, frères, que tout ce qui est vrai, tout ce qui est honorable, tout ce qui est juste, tout ce qui est pur, tout ce qui est aimable, tout ce qui mérite l'approbation, ce qui est vertueux et digne de louange, soit l'objet de vos pensées.”

Si je croyais que c’était difficile à vivre, je sais maintenant que c’est possible en ce qui a trait à ces séries qui m’étaient comme une réelle dépendance.

Je constate que j’étais en quelques sorte accro à ce sentiment de choc. Vous savez, cette moralité qui peut sournoisement se déplacer vers le côté obscur de la force.

La bonne nouvelle, c’est que je crois que nous avons un bouton pour faire un “hard reset”. Un peu comme celui qui se trouve derrière le “router” de votre modem pour votre Internet et qu’il faut peser avec une aiguille parce que le trou est si petit.

Je crois aussi que l’on ne peut pas peser nous-même sur ce bouton.

Dans mon cas pour me re-calibrer, pour me ré-accorder, chaque jour, peser sur "reset", je m’en remets à… Dieu.

Eh oui! De la même façon que l’on doit quotidiennement prendre une douche ou que l’on doit souvent accorder sa guitare, je crois que l’on doit être moralement remis aux réglages d’usine régulièrement. Une sorte de service d’entretien gratuit et Ô combien nécessaire et puissant.

Je crois que cet outil est la Parole de Dieu (aka la bible) et que la lecture et l’étude de celle-ci sont les façons d’appuyer sur le bouton.

Ésaïe 55 au verset 10 et 11 nous dis que “Comme la pluie et la neige descendent des cieux, et n'y retournent pas sans avoir arrosé, fécondé la terre, et fait germer les plantes, sans avoir donné de la semence au semeur et du pain à celui qui mange, ainsi en est-il de ma parole, qui sort de ma bouche: elle ne retourne point à moi sans effet, sans avoir exécuté ma volonté et accompli mes desseins.”

Cette lecture et étude de la bible produisent des effets et peut nous transformer, j'en suis témoin.

Comme le dit 2 Corinthiens 5 au verset 17 : “Si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées; voici, toutes choses sont devenues nouvelles.”

Voilà pourquoi je crois que c’est de cette façon, et de cette façon seule que l’on peut non pas seulement changer nos habitudes, mais bel et bien obtenir un caractère transformé.

Car il y a définitivement une différence.

Si avant j’essayais de me dompter tant bien que mal pour résister au désir de regarder certaines séries, c’était inévitablement une lutte. Maintenant, grâce à Dieu, ce désir n’y est plus. Chose qui me semblait plutôt inimaginable il y a de ça 24 mois et que je n’aurais pu accomplir par moi-même...

Alors voilà mon histoire. J'espère qu'elle vous interpellera au moins un peu! :)

Je souhaite aussi que cet outil-là vous rende un brin curieux. Si c'est le cas mais que vous ne savez pas par où commencer, car après tout il comporte des milliers de pages, et bien j’en ai parlé ici si ça peut vous aider.

En terminant, je vous met aussi un autre lien que vous pouvez suivre pour aller en apprendre plus. C’est en ligne et même anonyme si vous le souhaitez.

https://ilestecrit.tv/cours-bibliques/

Allez, osez le coup d’oeil, ça vaut la peine vous en serez étonnés. et

Surtout hésitez pas à m’écrire si vous voulez discuter, ça me fera grand plaisir!

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